Un garçon nommé Noël, de Matt Haig

Ma pile à lire du Cold Winter Challenge diminue à vue d’œil… Troisième lecture de cette édition, Un garçon nommé Noël ne pouvait pas mieux correspondre à la thématique du défi !

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Avec cet ouvrage, Matt Haig ne fait pas dans la dentelle : c’est carrément la véritable histoire du Père Noël qu’il prétend y raconter. Esbroufe ? Vantardise ? Vous faites ce que vous voulez mais moi, perso, j’y crois. Depuis le temps qu’on nous rebat les oreilles avec Santa Claus, il fallait bien que quelqu’un mène l’enquête : qui se cache vraiment derrière cet étrange personnage ? Toute la vérité nous est enfin dévoilée, et c’est pas trop tôt… d’ailleurs, je ne comprends même pas qu’on ait classé ce livre dans la catégorie « Fiction ».

Le résumé (8)Tout commence avec un garçon non pas nommé Noël, mais Nicolas. Noël, c’est le surnom que lui donne son père, un robuste bûcheron finlandais. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux-là ne roulent pas sur l’or : les seuls cadeaux que Nicolas ait jamais reçus sont un traîneau en bois et une poupée de navet. Aussi, lorsque l’on fait au père la promesse d’une généreuse récompense s’il parvient à prouver l’existence des lutins, il n’hésite pas longtemps avant d’accepter. C’est le début d’une laborieuse expédition en direction de Lutinbourg, tandis que Nicolas est laissé entre les mains d’une tante aussi cruelle que revêche. Seulement, le garçon ne parvient pas à supporter sa nouvelle existence. Bravant la faim, le froid et la solitude, il se retrouve bientôt à suivre les traces de son père vers l’inconnu…

Le résumé (11)Le récit met un certain temps à dévoiler tout son potentiel. Pour qui cherche à retomber en enfance avec une histoire réconfortante de Noël, les premières pages sont relativement austères – bien que l’humour y soit déjà bien présent, notamment à travers le personnage d’une souris obsédée par le fromage. Mais la lecture étant aisée (Un garçon nommé Noël s’adresse aux enfants entre 9 et 12 ans), il n’est pas bien difficile de se laisser porter jusqu’à la moitié du livre. Soudain, Nicolas pénètre un nouvel univers fait d’espoir, de magie et de créatures mystérieuses. C’est là, véritablement, que l’on se met à déguster le roman comme un petit pain chaud aux pépites de chocolat. Mais tout n’est pas rose aux pays des lutins : si la narration est décalée, pétrie d’humour et de poésie, Nicolas n’en fait pas moins, l’air de rien, l’expérience de l’intolérance, de la désillusion, du deuil, de la quête de soi… Bref, il grandit, se cherche, fait ses propres choix, et découvre, lentement mais sûrement, ce qu’est le véritable esprit de Noël (oui oui, comme dans un téléfilm américain).

Globalement, vous l’aurez compris, j’ai passé un bon moment en compagnie de Nicolas. Il est à noter cependant que niveau diversité des représentations, dans cet ouvrage, on est plutôt du côté « bof » de la Force : les personnages sont en grande majorité masculins (et blancs, etc.). Parmi les trois personnages féminins, l’une incarne l’archétype de la « vieille fille » laide et cruelle, et deux autres sont des créatures ayant un rôle mineur. Si l’on considère la mère décédée de Nicolas comme un personnage à part entière, bien qu’elle n’apparaisse qu’à travers les souvenirs du garçon, elle incarne elle aussi un archétype : celui de la « maman chaleureuse », aussi bienveillante que souriante et cantonnée au foyer…

Ce bémol étant posé, j’ajoute que l’intrigue suit quant à elle un schéma très classique en littérature jeunesse : un·e enfant pauvre (et/ou orphelin·e et/ou maltraité·e) mais rusé·e et plein·e de bonté, qui par la force du destin se trouve extirpé·e de sa morne existence pour mettre les pieds dans un monde merveilleux… Rien de révolutionnaire, donc, mais la recette reste efficace quand elle est bien maîtrisée. Charlie et la chocolaterie, Matilda, Harry Potter à l’école des sorciers… Si vous aimez l’esprit de ces romans, vous aimerez probablement Un garçon nommé Noël !

A propos facedecitrouille

Prof de lettres et d’anglais en lycée pro, j’aime la littérature jeunesse et ado de tout mon p'tit cœur de crapaud.

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