Anya et Tigre Blanc, de Fred Bernard et François Roca

Encore une lecture réalisée dans le cadre du Cold Winter Challenge, dont le bilan est désormais disponible ici. Ma pile à lire consacrée au défi s’est amenuisée bien comme il faut et s’est révélée pleine de bonnes surprises. Qu’en est-il d’Anya et Tigre Blanc, le dernier album jeunesse de Fred Bernard et François Roca ?

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Le résumé

D’inquiétantes disparitions se produisent chaque année au pays du Grand Blanc. Les victimes ? Des enfants d’une même génération, toujours. Personne ne sait qui est leur ravisseur, ni même s’ils sont encore en vie. Le frère jumeau d’Anya, 12 ans, a lui aussi disparu quelques années auparavant. Armée d’une détermination sans égal et d’un meilleur ami singulier (puisqu’il n’est nul autre qu’un félin nommé Tigre Blanc), la jeune fille se prépare à affronter la menace qui pèse sur ses épaules…

Mon avis

Si cet album a de nombreuses qualités, je suis cependant loin d’avoir eu un coup de cœur. J’ai lu pas mal d’avis positifs à son sujet (c’est bien la preuve qu’il y en a pour tous les goûts), aussi vais-je tenter de vous expliquer ce qui, selon moi, a péché dans la réalisation de ce qui aurait pu se révéler un très chouette projet.

D’abord, les bons points. Ce que j’ai sans aucun doute préféré dans cet ouvrage, ce sont les magnifiques illustrations pleine-page de François Roca. Réalisées à la peinture à l’huile, elles nous plongent immédiatement dans un monde mystérieux baigné d’une atmosphère hivernale. Paysages enneigés, créatures merveilleuses… entre ombre et lumière, chaque image est un tableau riche en évocations.

L’intrigue comporte quant à elle des éléments sympathiques, c’est certain. J’ai apprécié le personnage d’Anya, une héroïne vaillante et déterminée, dont l’action réfléchie permet enfin la sortie du statu quo. C’est toujours agréable, surtout en littérature jeunesse, de voir des personnages féminins prendre la situation en main… parce que les princesses passives et obéissantes, au bout d’un moment, hein… pfff ! Chouette, donc. J’ai également aimé l’aspect fantasy du récit, avec la présence d’une sorcière, d’un dragon, d’animaux alliés aux humains… Ces éléments instaurent une ambiance à la fois sombre et intrigante, que les illustrations subliment avec brio.

J’ai moins aimé, cependant, le travail de mise en page réalisé autour du texte. C’est une simple question de goût, mais j’aurais sans doute préféré une typographie plus aérée. La bordure (composée d’une sorte de frise à spirales rappelant des motifs celtiques ou nordiques, et surmontée de la représentation d’un crâne d’élan) m’a par ailleurs semblé superflue, voire trop lourde. Globalement, le texte semble ramassé sur lui-même alors qu’il aurait mérité d’être mieux mis en valeur… surtout que les images, c’est normal, attirent quant à elles immédiatement le regard.

Enfin, là, je chipote un peu, certes… Le plus embêtant selon moi, c’est que l’histoire en elle-même est un peu dépourvue d’enjeux. Elle remâche des choses vues ailleurs sans vraiment y ajouter un supplément d’âme. Par quels tourments les personnages passent-ils ? Quels défis doivent-ils relever ? Que leur apporte vraiment la relation particulière qu’ils entretiennent avec les animaux ? L’ouvrage refermé, je reste sur ma faim, avec le sentiment que trop de choses sont survolées. Je n’ai pas retenu mon souffle en même temps qu’Anya, ni même éprouvé la colère de la sorcière. La narration m’a semblé inégale en raison de tournures de phrase parfois étranges, ou d’ellipses pas franchement nécessaires. Certaines informations nous sont parfois données sur le pays du Grand Blanc, et puis pof, on en reste là, sans donner plus de détails. L’album jeunesse est de toute évidence un format qui implique une certaine concision, mais celle-ci doit justement devenir un atout, une richesse, non pas quelque chose qui se ressent comme un manque.

En bref

Pour conclure, Anya et Tigre Blanc est un bel album qui plaira sans aucun doute aux plus jeunes. Il réussit le défi d’emplir l’esprit d’images merveilleuses, mais sans parvenir, à mon sens, à s’imposer comme une lecture incontournable. Il lui manque un soupçon de poésie… Dommage !

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Anya et Tigre Blanc
Fred Bernard et François Roca, chez Albin Michel 
Parution le 1er octobre 2015
EAN : 9782226318633
32 pages - 19€

A propos facedecitrouille

Prof de lettres et d’anglais en lycée pro, j’aime la littérature jeunesse et ado de tout mon p'tit cœur de crapaud.

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