Les Sorcières de la Littérature #1 : Colombie

En 2018 je me lance dans un nouveau challenge littéraire : Les Sorcières de la Littérature. Initié par Sophie M et découvert via le blog Notes métèques, l’objectif est le suivant : lire, chaque mois, l’un des livres d’une autrice issue d’un pays prédéterminé. Le planning pour 2018 est le suivant :

  • Janvier : Colombie
  • Février : Pologne
  • Mars : Russie
  • Avril : Egypte
  • Mai : Inde
  • Juin : Japon
  • Juillet : Côte d’Ivoire
  • Août : Argentine
  • Septembre : Indonésie
  • Octobre : Portugal
  • Novembre : USA
  • Décembre : France

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De mon côté, je vais tenter de focaliser ma participation au challenge sur la littérature jeunesse. Pour ce mois de janvier, j’ai lu un ouvrage de l’autrice colombienne Gloria Cecilia Díaz. Cette dernière a travaillé dans le monde de l’édition en Colombie avant de devenir professeure… à Paris. Son roman La vallée des Lucioles a obtenu un prix espagnol de littérature jeunesse en 1985.

Le résumé

Jeronimo, 10 ans, vit dans la vallée des Lucioles en compagnie d’une vieille dame nommée Anastasia. Ensemble ils mènent une existence simple, fondée sur la communion avec la nature environnante. Les récits d’Anastasia, des légendes ancestrales dans lesquelles animaux et éléments jouent un rôle primordial, bercent les journées de Jeronimo. Parfois il se rend au fleuve des Tortues pour déchiffrer, sur les carapaces de ces dernières, de nouvelles histoires.

Le petit garçon ne connaît rien de ses véritables origines, mais sa rencontre avec l’Oiseleur pourrait bien tout bouleverser. C’est le début d’une quête : celle des butors étoilés, des oiseaux du soleil que le vieil homme a égaré des années auparavant et qui avaient pour fonction d’éclairer son village. Depuis, tous ses habitants vivent dans l’obscurité et la tristesse…

Mon avis

Une superbe découverte. Je n’aurais probablement jamais lu un tel roman en dehors de ce challenge, et pourtant… La vallée des Lucioles est une histoire courte (63 pages) aux allures de conte initiatique, portée par une plume riche et délicate (au passage : chapeau à Anne-Claire Huby, la traductrice). Toutes les phrases se dégustent et sont autant d’images évocatrices dépeignant un univers merveilleux, presque onirique.

L’enfant se souvint des tortues et des histoires sur leur carapace. Il pensa à la possibilité d’y trouver l’histoire des butors étoilé. Mais, tout comme la sienne, il mettrait peut-être des mois voire des années à la trouver ; les tortues étaient si nombreuses sur le fleuve. Et puis, comme le lui avait expliqué Anastasia, le fleuve se jetait dans la mer et les tortues qui le suivaient aimaient tellement la mer qu’elles ne revenaient jamais. Peut-être la tortue qui portait son histoire, comme celle qui portait l’histoire des butors étoilés voguait-elle sur l’immensité de l’océan. Ou peut-être ces tortues voguaient-elles dans le ciel, car Anastasia affirmait qu’il y avait un lieu où le ciel et la mer s’unissaient.

J’ai particulièrement apprécié la façon dont la nature est dépeinte dans cette histoire. Elle y est foisonnante, habitée, vivante… Lucioles, tortues, lézards, oiseaux : tous sont porteurs d’un message d’espoir face à l’Ombre qui, tapie dans le Volcan de pierre, menace de s’étendre sur la vallée.

Pour entrer complètement dans cet ouvrage il faut bien sûr accepter l’invraisemblable, le symbolique, se laisser porter par le caractère énigmatique de certaines évocations. Il me semble tout de même que Gloria Cecilia Díaz parvient à trouver le juste milieu entre contemplation et péripéties. Ainsi les plus petit·e·s seront peut-être plus sensibles aux aventures vécues par Jeronimo, tandis que les plus grand·e·s apprécieront l’universalité des thématiques abordées par l’autrice : le rêve, la résilience, le souvenir, la transmission, la quête des origines…

La vallée des Lucioles est en tout cas une bien belle histoire, ainsi qu’un véritable rayon de soleil réchauffant quelque peu la montagne de mes récentes lectures enneigées (Cold Winter Challenge oblige). Je salue par ailleurs le chouette travail de la maison d’édition auprès de laquelle j’ai commandé cet ouvrage. L’atelier du tilde, qui se spécialise dans la littérature latine, a la particularité de proposer des tirages limités : mon exemplaire a été relié à la main avec de jolies attaches rubans de couleur rouge, et personnellement je trouve le résultat mignon comme tout.

La vallée des Lucioles, couverture du livre
Photo nulle, livre mignon.

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La vallée des lucioles
Gloria Cecilia Díaz chez L'atelier du tilde
Parution le 15 novembre 2011
EAN : 979-10-90127-10-4
64 pages - 10€
à partir de 8 ans

 

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A propos facedecitrouille

Prof de lettres et d’anglais en lycée pro, j’aime la littérature jeunesse et ado de tout mon p'tit cœur de crapaud.

6 réponses

  1. […] Face de citrouille au challenge des Sorcières de la littérature, dans laquelle elle présente La vallée des lucioles, de l’autrice colombienne Gloria Cecilia Díaz. Pour sa deuxième critique, en février, elle a parlé tout aussi bien d’En forêt de Maria […]

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