Bilan mensuel : mes lectures en avril

Vous l’avez peut-être remarqué, depuis quelques semaines le blog tourne au ralenti. C’est qu’entre les divers projets d’écriture, les candidatures aux formations qui m’intéressent pour l’année prochaine, ma participation au MOOC « Il était une fois la littérature jeunesse » et la gestion de la nouvelle newsletter, le temps vient à manquer ! Le bilan du mois d’avril arrive donc un peu tard mais il arrive tout de même, et ça, c’est déjà pas mal. Globalement, côté lectures, j’y ai largement trouvé mon compte ; de quoi aborder le mois de mai le cœur léger, je vous le dis.

 

Les coups de cœur 

 

En avril, Trois filles en colère d’Isabelle Pandazopoulos s’est avéré ma lecture la plus intense. Quel livre, mais quel livre ! Le genre qu’on referme en chouinant tellement c’était beau. Ce roman évoque l’effervescence de mai 68 à travers les courriers que s’échangent trois adolescentes depuis Paris, Berlin-Ouest et la Grèce. C’est à la fois émouvant et éclairant, et je ne peux que vous recommander cet ouvrage.

Ensuite, cette chronique parue sur le blog Un point c’est tout m’a donné très envie de découvrir L’Atelier des Sorciers, de Kamome Shirahama. Je n’avais pas lu de manga depuis des années et je pense que c’était une très bonne manière de m’y remettre : la finesse des illustrations et la richesse de cet univers ont su séduire mon p’tit cœur de sorcière undercover. J’attends la suite avec impatience ! (C’est pour le 6 juin, à priori.)

Enfin j’ai fouiné dans la bibliothèque d’une personne de mon entourage qui se reconnaîtra si elle tombe sur cet article ; l’occasion de lire deux ouvrages de Wilfried Lupano (notamment scénariste des Vieux Fourneaux qu’on ne présente plus). Ecrit avec Paul Cauuet et brillamment illustré par Mayana Itoïz, Le Loup en slip est un ouvrage étonnant (d’abord), hilarant (ensuite) et malin, très très malin (en fait). Un océan d’amour, dont les dessins sont signés Grégory Panaccioneest quant à lui un petit bijou de poésie mais également de drôlerie, qui se laisse savourer sans modération (même si moi non plus, j’aime pas trop les sardines).

 

Les jolies découvertes

 

En avril, un passage à la bibliothèque m’aura permis d’assouvir la curiosité que diverses chroniques ça et là dévorées avaient attisée. J’ai ainsi eu le plaisir de trouver dans Idéal Standard tout à fait autre chose que ce à quoi je m’attendais (et c’est tant mieux, puisque je l’avais mal jugé). J’ai également bien ri avec Star Trip, probablement ma lecture la plus loufoque de l’année malgré quelques points négatifs (le trope du handicap miraculeusement soigné à la fin, bof), et Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?, roman de Susin Nielsen qui ne fait que confirmer la capacité de cette autrice à créer les personnages les plus attachants du monde. Au passage, je salue le super boulot de Valérie Le Plouhinec, la traductrice : grâce à elle, le ton sonne terriblement juste même en français, et ça c’est très chouette.

La sortie à ne pas manquer en avril c’était clairement The Hate U Give d’Angie Thomas, enfin traduit en français chez Nathan. Je me devais de l’acheter : j’aurais préféré le lire en anglais, c’est certain, mais j’ai trop envie d’encourager les parutions françaises de ce type de romans (c’est-à-dire à la fois engagés, mettant en scène des personnages minorisés, et « own voice » – rédigés par des auteur·ice·s concerné·e·s). Après lecture, The Hate U Give est à mon sens incontournable en ce qu’il traite avec pertinence des violences policières et racistes aux USA tout en faisant écho au mouvement Black Lives Matter. C’est sans aucun doute un livre à mettre entre les mains des ados, même s’il n’est pas exempt de défauts (j’ai notamment trouvé l’intrigue un peu molle et redondante).

 

Les lectures féministes

 

Avril s’est révélé un bon cru en termes de lectures féministes. Lors d’une excursion à Lille j’ai mis la main sur la nouvelle publication de Liv Strömquist, une autrice suédoise de bande dessinée que j’aime d’amour. Dans I’m every woman son propos est toujours aussi engagé et percutant, même si j’ai préféré L’origine du monde et Grandeur et décadence.

J’ai également eu la très bonne surprise de découvrir, dans la super librairie de ma ville, une sélection d’ouvrages antisexistes pour la jeunesse. TROP. BIEN. J’ai donc encouragé l’initiative en y laissant quelques deniers… Ouin. Enfin bref, Vives & Vaillantes, sept héroïnes de contes, et Qui sont les féministes ? ont constitué mon butin. Dans le premier livre, j’ai aimé retrouver la structure traditionnelle des contes avec un twist un peu badass, même si à la longue, trop d’hétérosexualité tue l’hétérosexualité… Dans le second j’ai apprécié la qualité des illustrations, la clarté des explications et la variété des notions abordées. Vraiment un bon livre pour se familiariser avec le féminisme, même si encore une fois j’ai regretté que le lien avec les luttes LGBT ne soit jamais fait (et pourtant ça parle bien d’intersectionnalité).

Enfin j’ai feuilleté Le féminisme en 7 slogans et citations d’Anne Charlotte Husson et c’était plutôt pas mal. L’approche est intéressante, ça se lit vite, c’est assez instructif ; voilà, merci, moi j’dis.

 

Les lectures mitigées

 

En avril, j’ai connu ma plus grosse déception livresque de l’année (jusqu’ici…) avec Dora la dingue de Lidia Yuknavitch. J’avais très envie d’aimer ce livre : je l’avais repéré l’année dernière dans une librairie féministe et le résumé m’avait carrément vendu du rêve, de la paillette et tout ce que vous voulez. Ce que j’espérais y trouver : un crush lesbien (avec un véritable développement svp, merci), une critique de la psychiatrie, un esprit punk. Ce que j’y ai trouvé : de la fausse subversion, une rhétorique transmisogyne et beaucoup, beaucoup d’ennui. Résultat, je l’ai terminé sans grande conviction. C’est dommage parce qu’il y a des meubles à sauver mais vraiment, buarf.

Dans un tout autre genre, encore une fois grâce à la bibliothèque, j’ai dégusté Chemin perdu, d’Amélie Fléchais. Il me semble que c’est sa première publication (à confirmer ?) et honnêtement, je trouve que ça se ressent un peu. Les illustrations sont sublimes, l’univers bien fouillé, mais j’ai regretté un certain manque de clarté dans l’intrigue ainsi qu’un léger côté fourre-tout. Les bonnes idées fusent mais finissent par manquer de cohérence entre elles.

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Voilà pour moi ! J’espère qu’avril vous a aussi apporté son lot de chouettes lectures, et je vous souhaite un joli mois de mai 🙂

A propos facedecitrouille

Prof de lettres et d’anglais en lycée pro, j’aime la littérature jeunesse et ado de tout mon p'tit cœur de crapaud.

5 réponses

  1. Bonne pêche ce mois-ci 😀 Certaines de tes lectures me font très envie, notamment The Hate u give qu’il me tarde de découvrir (j’hésite toujours entre le français ou la version VO…) ! Quant au Loup en slip et Océan d’amour, ils m’avaient complètement convaincue, ça fait partie de ces ouvrages que je suis fière d’avoir dans ma bibliothèque perso 🙂 Ravie que le manga t’ai plu, j’attends, moi aussi, la suite avec impatience !

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  2. Que de lectures alléchantes ! Je suis tout à fait de ton avis sur Chemin perdu. J’ai beaucoup aimé les illustrations, mais le scénario m’a laissée parfois dubitative. Tes livres féministes me font très envie ! Passe un beau mois de mai !

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